{"id":2459,"date":"2019-04-29T09:25:17","date_gmt":"2019-04-29T14:25:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/?page_id=2459"},"modified":"2019-08-12T09:35:58","modified_gmt":"2019-08-12T14:35:58","slug":"anticosti","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/?page_id=2459","title":{"rendered":"Anticosti"},"content":{"rendered":"\n<p>par William Monypeny Newsom<\/p>\n\n\n\n<p>Traduit par Catherine Pellerin<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><strong>Deux fois et demie la taille du Rhodes Island, est rest\u00e9e un Anticosti myst\u00e8re pour le public et un mauvais sort pour sa longue succession de propri\u00e9taires priv\u00e9s depuis que Cartier l\u2019a d\u00e9couverte en 1534.<\/strong><\/pre>\n\n\n\n<p>Le cours d\u2019\u00e9cole en\ng\u00e9ographie pr\u00e9sente une information peu originale selon laquelle une \u00eele est un\ncorps de terre enti\u00e8rement entour\u00e9 d\u2019eau. Mais dans le cas de l&rsquo;\u00eele\nd&rsquo;Anticosti, cette description serait plus exacte si elle mentionnait que cette\n\u00eele en particulier a toujours \u00e9t\u00e9 entour\u00e9e d&rsquo;\u00e9paves, de catastrophes, de\nmalchances et de fausses informations, ainsi que d&rsquo;une eau g\u00e9n\u00e9ralement agit\u00e9e.\nQuoi qu\u2019il en soit, ma premi\u00e8re r\u00e9flexion d\u2019Anticosti \u00e9manait de cette m\u00eame\ng\u00e9ographie qui me fascinait, car elle me paraissait ressembler \u00e0 une baleine\ncolossale se trouvant dans l\u2019embouchure du golfe Saint-Laurent et se dirigeant\nvers Terre-Neuve, \u00e0 150 milles plus loin. Mais les seules observations\ng\u00e9ographiques connues sont qu\u2019elle fait 140 km de long, 35 km de large, \u00e0 une\nlatitude de 49\u00b0 -50\u00b0 nord et que l\u2019\u00eele abrite de nombreux ours. Ce fut cette\nderni\u00e8re remarque qui m\u2019int\u00e9ressait le plus, bien s\u00fbr, mais c\u2019\u00e9tait des ann\u00e9es\navant de reconstituer son histoire et de chercher une entrevue personnelle avec\nles ours.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est bien connu que\nJacques Cartier a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9dit\u00e9 de sa d\u00e9couverte originale en 1534, quand il l\u2019a\nbaptis\u00e9e Ile de l\u2019Assomption, mais m\u00eame le c\u00e9l\u00e8bre Jacques n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0\nfaire tenir le nom. Les origines du nom Anticosti est encore un point contest\u00e9.\nCertains pensent que les premiers p\u00eacheurs basques l&rsquo;appelaient Antecosta \u2013 \u00abavant\nla c\u00f4te\u00bb. Il y en a d&rsquo;autres qui insistent sur le fait que le nom tire son\norigine des Indiens \u2013 \u00abl&rsquo;endroit o\u00f9 vous chassez les ours\u00bb. \u00c0 ce propos,\npersonne ne le sait vraiment.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours du si\u00e8cle et demi\nqui a suivi la visite de Cartier, Anticosti n\u2019a que peu d\u2019histoire \u00e0\nenregistrer. Elle \u00e9tait, sans aucun doute, visit\u00e9 par les Montagnais de la\nC\u00f4te-Nord, 21 miles au nord, qui venaient chasser les ours ou les martres.\nC\u2019\u00e9tait une travers\u00e9e beaucoup plus facile que les 45 milles \u00e0 parcourir par\nGasp\u00e9, au sud, et les Indiens de la C\u00f4te-Nord l&rsquo;utilisaient assez abondamment.\nPuis, en 1680, Louis XIV de France accorda l&rsquo;\u00eele comme seigneurie \u00e0 Louis\nJolliet, qui avait parcouru la baie d&rsquo;Hudson et, avec le P\u00e8re Marquette, avait\n\u00e9galement explor\u00e9 le fleuve Mississippi. Depuis 1680, l\u2019\u00eele a toujours \u00e9t\u00e9 une\npropri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant dix ans, Jolliet a\neu un commerce florissant avec les Indiens de la C\u00f4te-Nord. Il passa deux fois\nl&rsquo;hiver \u00e0 Anticosti. Par la suite, le gouverneur fran\u00e7ais \u00e0 Qu\u00e9bec, Frontenac,\nqui avait effectu\u00e9 plusieurs raids dans les colonies anglaises, est devenu si\np\u00e9nible que Sir William Phipps a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019attaquer le Qu\u00e9bec. Parti de Boston\navec une flotte de 35 navires de guerre et 2 000 hommes, Sir William s\u2019arr\u00eata\nen chemin pour br\u00fbler quelques colonies fran\u00e7aises &#8211; et s\u2019arr\u00eata \u00e0 Anticosti.\nMalheureusement pour Jolliet, son petit \u00e9tablissement, probablement \u00e0 Baie\nEllis, \u00e0 l\u2019ouest de l\u2019\u00eele, subit la vengeance de Sir William, qui l\u2019a\ncompl\u00e8tement d\u00e9molie. Un peu plus tard, Sir William rencontra Jolliet lui-m\u00eame\net, comme il \u00e9tait bien connu de lui, Jolliet, son \u00e9pouse et sa famille furent\nemprisonn\u00e9s. Cependant, la chance de Sir William ne dura pas longtemps apr\u00e8s\navoir touch\u00e9 Anticosti, car \u00e0 l&#8217;embouchure du Saint-Laurent, il rencontra un\nouragan qui dispersa toute sa flotte. C&rsquo;est un juste retour des choses, l\u2019une\ndes fr\u00e9gates, comptant 67 hommes d\u2019\u00e9quipage, a fait naufrage \u00e0 Anticosti. Au\ncours de l&rsquo;hiver qui a suivi, l&rsquo;\u00e9quipage eut beaucoup de difficult\u00e9s et un\ncertain nombre d&rsquo;hommes sont morts de manque d&rsquo;\u00e9quipement et de nourriture. Au\nprintemps, un petit bateau a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 au sud pour obtenir de l&rsquo;aide. Apr\u00e8s un\nvoyage difficile de 44 jours, il a atteint Boston. Enfin, le navire de secours\nest arriv\u00e9, mais seulement 22 hommes sur 67 qui s\u2019\u00e9chou\u00e8rent \u00e0 Anticosti\nsurv\u00e9curent cette aventure pour atteindre Boston.<\/p>\n\n\n\n<p>Jolliet, n\u00e9anmoins, a \u00e9t\u00e9\nrel\u00e2ch\u00e9 plus tard et est revenu sur l&rsquo;\u00eele, mais semble avoir perdu courage et\nne fait rien de plus. Il mourut en 1700, mais d&rsquo;apr\u00e8s ce que j&rsquo;ai pu apprendre,\npersonne ne sait exactement ce qui lui est arriv\u00e9 ni o\u00f9 il est enterr\u00e9, bien\nque cela puisse se trouver sur l&rsquo;une des \u00eeles Mingan ou peut-\u00eatre m\u00eame \u00e0\nAnticosti. Apr\u00e8s sa mort, ses nombreux h\u00e9ritiers ont \u00e9galement perdu tout\nint\u00e9r\u00eat pour elle. Ils l\u2019ont vendu quelques ann\u00e9es plus tard \u00e0 des partis qui\navaient divers projets pour coloniser l&rsquo;\u00eele. On ne sait pas exactement pourquoi\nces colonies ont \u00e9chou\u00e9, comme cela a \u00e9t\u00e9 le cas, mais une liste de fournitures\nenvoy\u00e9es aux colons nous donne un indice. Cette liste comprenait six pintes de\ncordes de violon, un grand nombre de poign\u00e9es de cercueil, des boucles de\nharnais, des talons de bottes en fer, des marches de chariot, des selles\nanglaises et d&rsquo;un ensemble pour l&rsquo;impression. Ceci, je suppose, rel\u00e8ve des\nfournitures d\u2019hiver, bien que cela ne soit pas sp\u00e9cifiquement mentionn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1874, la compagnie\nForsyth fut form\u00e9e pour tenter une nouvelle fois de coloniser l&rsquo;\u00eele. Les colons\nde Terre-Neuve ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9barqu\u00e9s, mais ils ne se sont pas mieux comport\u00e9s que\nles autres auparavant. Cette fois, le gouvernement canadien se porta \u00e0 la\nrescousse pour sauver les colons de la famine. Puis, vers 1884, un optimiste\nnomm\u00e9 T.W. Stockwell acheta l\u2019\u00eele lors de la vente du sh\u00e9rif \u2013 deux fois et\ndemi plus grande que le Rhodes Island \u2013 il la c\u00e9da \u00e0 un groupe sp\u00e9culatif connu\nsous le nom de \u00ab Gouverneur et compagnie de l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Anticosti \u00ab. Encore plus de\nmalchance, ils firent rapidement faillite et les administrateurs de cette\nsoci\u00e9t\u00e9 vendirent l\u2019\u00eele en 1895 au prix de 125 000 dollars \u00e0 Henri Menier de la\nFrance.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1898, cependant, Menier\nd\u00e9cida de d\u00e9placer son quartier g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 un autre port situ\u00e9 \u00e0 environ neuf ou\ndix milles de la Baie des Anglais. En cons\u00e9quence, il construisit Port Menier\navec ses maisons, son \u00e9glise, son \u00e9cole, ses magasins et ses ateliers, et connecta\nles deux villages par une bonne route. Il d\u00e9gagea plusieurs centaines d\u2019acres\npour des terres agricoles, qui n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 productives, comme le sol est\npauvre. Et pendant ce temps, il avait son propre cargo, le Savoy, avec 18\nhommes dans l&rsquo;\u00e9quipage, allant d&rsquo;Anticosti \u00e0 Qu\u00e9bec pour se ravitailler. Menier\na pass\u00e9 ses \u00e9t\u00e9s de Juin \u00e0 Septembre \u00e0 Anticosti, vivant sur le yacht une bonne\npartie du temps \u2013 avec une connexion t\u00e9l\u00e9phonique terrestre.<\/p>\n\n\n\n<p>Vers 1903, il commen\u00e7a \u00e0\nconstruire la villa, qui ne fut achev\u00e9e qu&rsquo;en 1906. Elle est assez unique.\nL&rsquo;immense, imposante chemin\u00e9e dans la salle de dessin a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u par un\nartiste fran\u00e7ais, alors que sur elle est une grande sculpture sur bois\nscandinave du XVIe si\u00e8cle. La table en ch\u00eane noir et les chaises sculpt\u00e9es\nassorties sont d&rsquo;\u00e9poque Louis XIII, et les quatre tapisseries flamandes aux\nmurs datent du XVIe si\u00e8cle. Il y a aussi un \u00e9norme tapis en poil de chameau qui\nserait d&rsquo;origine arabe et cinq aquarelles dat\u00e9es de 1830 et sign\u00e9es de\nl&rsquo;artiste fran\u00e7ais Gavarni. Une douzaine de t\u00eates de cerfs tr\u00e8s dignes, mont\u00e9es\ndans le style europ\u00e9en, entourent le sommet de la pi\u00e8ce. Ici et l\u00e0, il y a\nd&rsquo;autres troph\u00e9es sportifs. En d\u00e9pit de cette collection h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne de tr\u00e9sors,\ntoute la villa \u00e9tait habitable et attrayante. L\u2019\u00e9l\u00e9ment qui n\u2019s le moins\nint\u00e9ressant dans la villa est l&rsquo;escalier secret. D&rsquo;une largeur de seulement\nquinze pouces, il menait de l&rsquo;arri\u00e8re d&rsquo;une penderie de la suite de M. Menier\nau rez-de-chauss\u00e9e \u00e0 une penderie de la suite r\u00e9serv\u00e9e aux invit\u00e9s situ\u00e9e \u00e0\nl&rsquo;\u00e9tage. Aucun de ses anciens serviteurs qui le connaissaient depuis des ann\u00e9es\nne pouvait ou ne voulait me dire qui occupait cette suite \u00e0 l\u2019\u00e9tage.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ressort de tout cela\nqu&rsquo;Henri Menier \u00e9tait un riche d\u00e9pensier. Mais ses d\u00e9penses avaient un aspect\npratique qui n\u2019est pas apparent dans ses villas et ses yachts. Il souhaitait\nd\u00e9velopper Anticosti sur le plan commercial, non seulement pour aider les 250\nhabitants, mais \u00e9galement pour que l\u2019\u00eele soit rentable. C&rsquo;\u00e9tait pour cette\nraison qu&rsquo;il avait d\u00e9frich\u00e9 la terre pour l&rsquo;agriculture. Il a \u00e9galement d\u00e9cid\u00e9\nd&rsquo;\u00e9lever du b\u00e9tail et d&rsquo;autres animaux. Les deux entreprises ont \u00e9chou\u00e9. Menier\na bl\u00e2m\u00e9 l&rsquo;\u00e9chec du b\u00e9tail sur les chiens de l&rsquo;\u00eele, qui, selon lui, avaient des\nvers. En cons\u00e9quence, en 1900, tous les chiens de l&rsquo;\u00eele ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s ou\nd\u00e9port\u00e9s \u2013 donc il n&rsquo;y a maintenant pas de chiens l\u00e0-bas. Cependant, pour des\nraisons \u00e9tranges, ni le b\u00e9tail ni les moutons ne prosp\u00e9reront sur l&rsquo;\u00eele, m\u00eame\nsi les porcs s&rsquo;en tirent assez bien. Alors qu&rsquo;il \u00e9tait aux prises avec\nl&rsquo;agriculture, il construisit une dizaine de miles de chemin de fer pour\nexploiter le bois de p\u00e2te. Mais l\u00e0 encore, sans trop de succ\u00e8s. Parce qu&rsquo;il\ncraignait que les incendies de for\u00eat ne d\u00e9truisent le bois de p\u00e2te, il ne\nlaissait personne sur l&rsquo;\u00eele fumer ni porter d&rsquo;allumettes. Il \u00e9tait formellement\ninterdit aux \u00e9trangers de s&rsquo;y rendre et ceux qui avaient un permis \u00e9taient\ntoujours recherch\u00e9s pour des allumettes.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 Henri Menier\nlui-m\u00eame, il y a des r\u00e9cits contradictoires. Mais son ancien contrema\u00eetre,\nTancr\u00e8de Girard, et son guide personnel et garde-chasse, Bernard Le Jeunne, qui\nl&rsquo;accompagnait depuis 30 ans ou plus, sont tous deux d&rsquo;accord. Ils me disent\nqu&rsquo;il \u00e9tait d\u00e9termin\u00e9, d\u00e9brouillard, d\u00e9mocratique, mais enclin \u00e0 des acc\u00e8s de\ncol\u00e8re, pour ne pas dire une rage d\u00e9raisonnable. Quand une petite chose lui\nd\u00e9plaisait, il se mettait \u00e0 jaillir dans un torrent de langage, les appelant\ntous des \u00abanimaux\u00bb. Cependant, alors qu&rsquo;il \u00e9tait s\u00e9v\u00e8re avec les individus, il\nconsid\u00e9rait tous les habitants comme ses enfants et il \u00e9tait tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9reux pour\nveiller \u00e0 leur bien-\u00eatre. L&rsquo;une de ses r\u00e8gles les plus drastiques \u00e9tait celle\nqui interdisait \u00e0 quiconque de tuer le gibier, et cela a \u00e9t\u00e9 dur pour ceux qui\nont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s en train de braconner.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque Menier a achet\u00e9\nl&rsquo;\u00eele, avec l&rsquo;intention d&rsquo;en faire une r\u00e9serve de chasse, il y avait des ours\net des renards, mais pas le cerf ou autre gros gibier. Menier alors\napprovisionn\u00e9e l&rsquo;\u00eele avec des cerfs, des bisons, des wapitis et d&rsquo;orignaux. Le\nbison mourut bient\u00f4t et le wapiti ne prosp\u00e9ra pas. Il n\u2019y a plus que trois ou\nquatre vieilles vaches sur l\u2019\u00eele. Les orignaux sont pr\u00e9sents, mais pas\nnombreux. Le cerf, cependant, s&rsquo;est multipli\u00e9 au-del\u00e0 de toutes les attentes. Menier\nappr\u00e9ciait chasser ces derniers, ainsi que les canards, les mouettes, les\ncormorans, les ours et les phoques. Il \u00e9tait \u00e9galement un passionn\u00e9 de p\u00eache au\nsaumon, mais son plus grand int\u00e9r\u00eat \u00e9tait la chasse \u00e0 l&rsquo;ours.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;avais bien entendu\nparler de l&rsquo;enthousiasme de Menier pour la chasse \u00e0 l&rsquo;ours. \u00c0 une \u00e9poque, il\navait huit chiens de chasse ordinaires et deux gros chiens chasseurs de cerfs \u00e0\npoil dur sur l&rsquo;\u00eele. J&rsquo;avais aussi entendu la rumeur selon laquelle il aurait\ninstall\u00e9 une chaise ber\u00e7ante sur un wagon plat et qu&rsquo;il parcourrait les\nquelques kilom\u00e8tres de rails en tirant sur les ours depuis la chaise ber\u00e7ante.\nComme l&rsquo;histoire m&rsquo;intriguait, j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de demander \u00e0 Bernard Le Jeunne, son\nprincipal guide pour l&rsquo;ours.<\/p>\n\n\n\n<p>Bernard est vieux\nmaintenant et ses cheveux sont blancs. Ses petits yeux brillent amicalement, et\nun petit verre d\u00e9clenche un flux de conversation des plus abondants, le tout\navec les gestes appropri\u00e9s. Le p\u00e8re de Bernard \u00e9tait un chasseur et p\u00eacheur de\nparents \u00e9cossais, n\u00e9 au Nouveau-Brunswick. Alors que Bernard parle un anglais\ntr\u00e8s cass\u00e9, il tient \u00e0 ce qu\u2019on l\u2019appelle Barney Young, bien que tous les\nautres l\u2019appellent Bernard Le Jeunne. Donc, un soir o\u00f9 nous discutions les\npremiers jours de l&rsquo;\u00eele, j&rsquo;ai demand\u00e9 Bernard: \u00ab Est-il vrai, Barney, que M.\nMenier avait une chaise ber\u00e7ante sur un wagon plat et qu&rsquo;il se tenait assis\ndans la chaise ber\u00e7ante et tirait les ours de celle-ci?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Instantan\u00e9ment Bernard\n\u00e9tait sur la d\u00e9fensive \u00e0 l&rsquo;insulte \u00e0 Menier, il se raidit dans sa chaise, puis\nse leva et leva la main droite.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abAh, monsieur,\u00bb dit-il\nsolennellement, \u00abje tiens ma main et je vous jure que est la grande\ndiffamation. Ce n&rsquo;est pas vrai Monsieur, il n\u2019a jamais fait cela. Je d\u00e9mens,\nmonsieur, que la chaise ber\u00e7ante \u00e9tait sur le wagon plat. Non. La chaise\nber\u00e7ante sur laquelle elle se trouvait se trouvait sur la longue pointe de\nterre o\u00f9 l\u2019app\u00e2t avait \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 pour l\u2019ours. C\u2019est de l\u00e0 que M. Menier tire\nsur l&rsquo;ours, pas du wagon plat. \u00ab<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Mais avez-vous eu\nl&rsquo;ours? \u00ab J&rsquo;ai demand\u00e9 innocemment.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Ah, quant \u00e0 cela\u2026\nc&rsquo;\u00e9tait toute une soir\u00e9e. Monsieur. Vous voyez, Monsieur Menier, il a un tr\u00e8s\nvieux bouledogue du nom de Jack, il l&rsquo;a depuis longtemps et il l&rsquo;aime. Mais il\nn&rsquo;a plus de dents et ne peut pas aller tr\u00e8s loin. Monsieur Menier m&rsquo;a fait\nmettre Jack dans le panier et le porter et nous sommes all\u00e9s \u00e0 l&rsquo;app\u00e2t pour l&rsquo;ours.\nM. Menier a ensuite d\u00e9pos\u00e9 le panier \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui dans le fauteuil \u00e0 bascule \u00ab<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Barney, dit-il en\nmurmurant un peu, c&rsquo;est mieux, je pense, que Jack meurt \u00e0 la chasse \u00e0 l&rsquo;ours.\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce moment-l\u00e0, je sens\nquelque chose dans mon dos. \u00abMonsieur Menier\u00bb je murmure, \u00abil y a l&rsquo;ours dans\nmon dos. \u00ab<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abNe bouge pas\u00bb, me dit M.\nMenier.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abMais, monsieur, elle me\nmord le dos\u00bb dis-je.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abNe bougez pas, Barney\u00bb\ndit M. Menier \u00abVous allez d\u00e9ranger l&rsquo;ours\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abAlors le vieux bouledogue\nil sent l&rsquo;ours et il s&rsquo;anime\u00bb. Il aboie. Il saute de cette fa\u00e7on. Il saute\ncomme \u00e7a. En fait, monsieur, mon vieux Jack, il vient de soulever l&rsquo;enfer. Et\npuis M. Menier voit l\u2019ours et s\u2019\u00e9l\u00e8ve de la chaise ber\u00e7ante et &#8211; qu\u2019en\npensez-vous? \u00ab<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Quoi? \u00ab Ai-je eu le\nsouffle coup\u00e9 en m&rsquo;attendant \u00e0 ce que l&rsquo;ours tombe mort sur moi. \u00abEst-ce qu&rsquo;il\ntire l&rsquo;ours? \u00ab <\/p>\n\n\n\n<p>\u00abNon, Monsieur\u00bb dit\ntristement Bernard. \u00abLe chien aboie \u00e0 nouveau et l&rsquo;ours elle s&rsquo;enfuit\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 pour cette chaise\nber\u00e7ante.<\/p>\n\n\n\n<p>Bernard, avec presque tous\nles autres habitants, \u00e0 l&rsquo;exception des gardiens de phare, figurait sur la\nliste de paye de Menier chaque ann\u00e9e. Mais il y avait un locataire sur l&rsquo;\u00eele\nqui ne faisait pas partie de la liste de paie et Menier ne pouvait pas s&rsquo;en\nd\u00e9barrasser. Il s\u2019agissait d\u2019un squatter nomm\u00e9 McDonald qui avait une cabane\nsur la plage lorsque Menier a achet\u00e9 la propri\u00e9t\u00e9, situ\u00e9e au bord de la rivi\u00e8re\nMcDonald, \u00e0 mi-chemin au nord de l\u2019\u00eele. On disait que McDonald \u00e9tait un homme\n\u00e9norme de six pieds six pouces, pesant 240 livres, qui vivait seul et refusait\ntoute compagnie. Pendant de nombreuses ann\u00e9es, il v\u00e9cut l\u00e0 et un hiver et on le\nretrouva mort. Il \u00e9tait mort un mois avant sa d\u00e9couverte et les souris avaient\nmang\u00e9 son nez. Son journal a montr\u00e9 qu&rsquo;il avait pris des peaux de martre.\nCelles-ci n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s et, \u00e0 ce jour, les gens sp\u00e9culent encore\nsur ce qu&rsquo;il est advenu de ces pr\u00e9cieuses fourrures.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1913 ou 1914, Henri\nMenier d\u00e9c\u00e9da et laisse l&rsquo;\u00eele \u00e0 son fr\u00e8re, le s\u00e9nateur Gaston Menier. En effet,\nGaston ne s&rsquo;est jamais autant int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00eele qu\u2019Henri, et il n&rsquo;y passe qu&rsquo;un\nmois par ann\u00e9e. Il la conserva toutefois comme r\u00e9serve de chasse jusqu&rsquo;\u00e0 ce\nqu&rsquo;il la vend\u00eet \u00e0 la compagnie Anticosti Corporation pour la somme de six\nmillions de dollars. Gaston, cependant, se r\u00e9serva les droits de p\u00eache au\nsaumon sur la rivi\u00e8re Jupiter pendant dix ans. Lorsqu&rsquo;il a quitt\u00e9 l&rsquo;\u00eele, il a\ndonn\u00e9 \u00e0 chacun des anciens serviteurs une somme allant de 100 $ ou 200 $ \u00e0 1\n000 $. Girard, qui occupait un poste de responsabilit\u00e9, m&rsquo;a dit qu&rsquo;il avait\nlui-m\u00eame re\u00e7u 1000 dollars et que 20 hommes environ avaient re\u00e7u une prime.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant plusieurs ann\u00e9es\napr\u00e8s la prise de contr\u00f4le de l&rsquo;\u00eele par la Corporation, elle tenta en vain de\nbriser le sort d&rsquo;Anticosti. Les op\u00e9rations de fabrication de p\u00e2te ont commenc\u00e9\n\u00e0 grande \u00e9chelle. La population de Port Menier a augment\u00e9 \u00e0 plus de 4000\nhabitants, et des centaines de milliers de dollars ont \u00e9t\u00e9 dilapid\u00e9 sur les\nquais de chargement, les machines et l&rsquo;\u00e9quipement. Mais au bout du compte,\nl&rsquo;ancien d\u00e9mon d&rsquo;Anticosti l&rsquo;a emport\u00e9, les activit\u00e9s de fabrication de p\u00e2te \u00e0\npapier ont cess\u00e9 et la soci\u00e9t\u00e9 a fusionn\u00e9 pour devenir la Consolidated Paper\nCorporation, Ltd., les propri\u00e9taires actuels. Se rendant compte de la situation\nde la p\u00e2te est sans espoir, les nouveaux propri\u00e9taires se mirent \u00e0 d\u00e9velopper\nd&rsquo;autres actifs, tels que l&rsquo;\u00e9levage du renard et la p\u00eache au saumon pour les\nsportifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Tant de p\u00eacheurs de saumon\nsont all\u00e9s \u00e0 Anticosti que, lorsque j&rsquo;ai planifi\u00e9 un voyage l\u00e0-bas pour le\nmus\u00e9e am\u00e9ricain, je croyais qu\u2019il n&rsquo;y aurait aucune difficult\u00e9 \u00e0 en apprendre\ndavantage sur la vie des mammif\u00e8res qui s&rsquo;y trouvent. Mais l\u00e0 encore, le\nmyst\u00e8re qui entourait cette \u00eele \u00e9tait \u00e9vident. L\u2019American Museum n\u2019avait aucun\nsp\u00e9cimen d\u2019Anticosti, \u00e0 l\u2019exception de deux vieux cr\u00e2nes d\u2019ours noirs qui sont\nvenus par le biais du zoo du Bronx. Il n&rsquo;y avait aucune r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Anticosti\ndans la biblioth\u00e8que du mus\u00e9e et les p\u00eacheurs de saumon n&rsquo;avaient aucune\ninformation ou me racontaient des contes de f\u00e9es \u00e0 propos de petits \u00e9cureuils\nroux, alors qu&rsquo;aucun \u00e9cureuil d\u2019aucune sorte n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 connu \u00e0 Anticosti.\nEnsuite, quelqu&rsquo;un qui a pr\u00e9tendu \u00eatre une \u00abautorit\u00e9\u00bb sur tout ce qui concerne\nAnticosti m&rsquo;a dit que les cerfs \u00e9taient tr\u00e8s petits et qu&rsquo;un \u00ab&nbsp;bon m\u00e2le\npesait 90 ou 100 livres de poids vif.&nbsp;\u00bb En fait, le cerf d\u2019Anticosti est\nde taille normale &#8211; le premier m\u00e2le que j\u2019ai pris pesant 240 livres. \u00c9galement\ndans cet \u00e9trange enchev\u00eatrement de contes, j&rsquo;ai trouv\u00e9 l&rsquo;enregistrement d&rsquo;une\nnouvelle vari\u00e9t\u00e9 de martres aux pieds blancs, ainsi que plusieurs observations\nd&rsquo;un nouvel ours qui n&rsquo;avait jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit &#8211; ces deux histoires se sont\nr\u00e9v\u00e9l\u00e9es \u00eatre de purs mythes. On m&rsquo;a \u00e9galement dit que nous trouverions le long\nde la c\u00f4te le phoque commun. Nous avons \u00e9galement d\u00e9couvert un phoque gris\nrelativement rare, appel\u00e9 localement \u00abt\u00eate de cheval\u00bb, qui mesure neuf pieds de\nlong et p\u00e8se plus de 600 kilos. Ainsi, petit \u00e0 petit, l\u2019\u00eele myst\u00e9rieuse, ferm\u00e9e\ndepuis si longtemps par Menier, livre ses secrets.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce qui est de son avenir, personne ne peut deviner ce que le prix de la p\u00e2te fera pour elle. Finalement, Anticosti ira probablement entre les mains du gouvernement du Canada o\u00f9 il devrait \u00eatre, commandant comme il le fait la porte d&rsquo;entr\u00e9e vers l&rsquo;ensemble du Canada via le fleuve Saint-Laurent. Mais, en attendant, il est le paradis des p\u00eacheurs de saumon.<\/p>\n\n\n\n<p>\n\nPour faire suite \u00e0 ma chronique, voici un de ces textes que je qualifie de \u00abperles\u00bb, ces articles anciens qui nous font d\u00e9couvrir des aspects de chez-nous devenus l\u00e9gendes. D\u00e9couvrez ici un texte paru dans l&rsquo;une des plus vieilles revues scientifiques am\u00e9ricaines, le Naturel History Magazine, en janvier 1941. Son auteur, William Monypeny NEWSOM, \u00e9tait un mammologiste r\u00e9put\u00e9 qui publia plusieurs livres et articles, notamment sur le Cerf de Virginie. Comme bien d&rsquo;autres naturalistes de son \u00e9poque, les revues scientifiques \u00e9taient un moyen pour eux de diffuser d\u00e9couvertes et r\u00e9cits de voyage sur la C\u00f4te-Nord, bien appr\u00e9ciables avec le passage du temps. \n\n<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L\u00e9gendes photographiques<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">(page 58)<\/h4>\n\n\n\n<p>(En haut) PLUS HAUTES QU\u2019\u00c0\nNIAGARA: les chutes de la rivi\u00e8re Vaur\u00e9al. La raret\u00e9 des informations fiables\nsur la faune d&rsquo;Anticosti a amen\u00e9 l\u2019auteur \u00e0 visiter l\u2019\u00eele pour le compte de\nl\u2019American Museum.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">(page 60)<\/h4>\n\n\n\n<p>Port Menier. Elle a \u00e9t\u00e9\nconstruit dans les jours de o\u00f9 la p\u00e2te \u00e0 papier avait un prix \u00e9lev\u00e9, mais peu\nde ses maisons sont maintenant occup\u00e9es<\/p>\n\n\n\n<p>Un phare sur les falaises\nde la rive nord; une vue paisible sur une c\u00f4te riche en romantisme<\/p>\n\n\n\n<p>Tirer le phoque sur une\nplage typique du Saint-Laurent.<\/p>\n\n\n\n<p>Les phoques gris\natteignent parfois neuf pieds de long.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">(page 61)<\/h4>\n\n\n\n<p>La chasse au phoque.\nRemarquez la longue gaffe n\u00e9cessaire pour r\u00e9cup\u00e9rer l&rsquo;animal engloutie apr\u00e8s\nqu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 abattu.<\/p>\n\n\n\n<p>Transporter le rare phoque\ngris \u00e0 bord. Ces phoques p\u00e8sent souvent 600 livres ou plus.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sportif s&rsquo;incline dans\nle pays du gibier.<\/p>\n\n\n\n<p>Anticosti a encore des\nours. (Ci-dessous) un d\u00e9pe\u00e7age d\u2019une peau d&rsquo;ours.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">(page 63)<\/h4>\n\n\n\n<p>Le chapitre le plus\n\u00e9trange de l&rsquo;histoire unique d&rsquo;Anticosti a \u00e9t\u00e9 la vaillante tentative du roi du\nchocolat Henri Menier (centre en m\u00e9daillon) pour en faire une vaste r\u00e9serve\npriv\u00e9e pr\u00e9servant et d\u00e9veloppant ses ressources. Il a achet\u00e9 la grande \u00eele en\n1895 pour 125 000 $, en versant plusieurs fois cette somme dans des\nimportations \u00e9trangement vari\u00e9es telles que des troupeaux de buffles, des\ncerfs, qui se sont multipli\u00e9s au-del\u00e0 de toute attente, douze milles de chemin\nde fer et la villa ci-dessous. L&rsquo;agriculture et l&rsquo;\u00e9levage ont tous deux \u00e9chou\u00e9.\nBien que parfois grognon, Menier \u00e9tait socialement responsable, et les\nhabitants l&rsquo;aimait bien. Bernard Le Jeunne (coin gauche sup\u00e9rieur) et Tancr\u00e8de\nGirard (coin droit sup\u00e9rieur), deux anciens membres encore en fonctions, ont\nre\u00e7u des primes \u00e0 sa mort. <\/p>\n\n\n\n<p>(En bas) VILLA DE MENIER\nrefl\u00e9tait les excentricit\u00e9s traditionnelles d\u2019un millionnaire aux convictions\nf\u00e9odales, jusqu\u2019\u00e0 un escalier secret. Menier n&rsquo;habitait ici qu&rsquo;en \u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le salon est un v\u00e9ritable\nmus\u00e9e d&rsquo;antiquit\u00e9s europ\u00e9ennes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par William Monypeny Newsom Traduit par Catherine Pellerin Deux fois et demie la taille du Rhodes Island, est rest\u00e9e un Anticosti myst\u00e8re pour le public et un mauvais sort pour sa longue succession de propri\u00e9taires priv\u00e9s depuis que Cartier l\u2019a d\u00e9couverte en 1534. Le cours d\u2019\u00e9cole en g\u00e9ographie pr\u00e9sente une information peu originale selon laquelle &hellip; <a href=\"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/?page_id=2459\" class=\"more-link\">Lire la suite de <span class=\"screen-reader-text\">Anticosti<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":435,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_mc_calendar":[],"footnotes":""},"class_list":["post-2459","page","type-page","status-publish","hentry","no-featured-image"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Anticosti &#8902; Soci\u00e9t\u00e9 historique de la C\u00f4te-Nord<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/?page_id=2459\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Anticosti &#8902; Soci\u00e9t\u00e9 historique de la C\u00f4te-Nord\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"par William Monypeny Newsom Traduit par Catherine Pellerin Deux fois et demie la taille du Rhodes Island, est rest\u00e9e un Anticosti myst\u00e8re pour le public et un mauvais sort pour sa longue succession de propri\u00e9taires priv\u00e9s depuis que Cartier l\u2019a d\u00e9couverte en 1534. Le cours d\u2019\u00e9cole en g\u00e9ographie pr\u00e9sente une information peu originale selon laquelle &hellip; Lire la suite de Anticosti\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/?page_id=2459\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Soci\u00e9t\u00e9 historique de la C\u00f4te-Nord\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/shcotenord\/\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2019-08-12T14:35:58+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"19 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/?page_id=2459\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/?page_id=2459\",\"name\":\"Anticosti &#8902; Soci\u00e9t\u00e9 historique de la C\u00f4te-Nord\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2019-04-29T14:25:17+00:00\",\"dateModified\":\"2019-08-12T14:35:58+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/?page_id=2459#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/?page_id=2459\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/?page_id=2459#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Publications\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/?page_id=69\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Revue d\u2019histoire de la C\u00f4te-Nord\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/?page_id=435\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":4,\"name\":\"Anticosti\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/\",\"name\":\"Soci\u00e9t\u00e9 historique de la C\u00f4te-Nord\",\"description\":\"Centre d&#039;archives priv\u00e9es de la SHCN\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/#organization\",\"name\":\"Soci\u00e9t\u00e9 historique de la C\u00f4te-Nord\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/i2.wp.com\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2017\\\/09\\\/Sans-titre-1-copie.png?fit=2543%2C939\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/i2.wp.com\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2017\\\/09\\\/Sans-titre-1-copie.png?fit=2543%2C939\",\"width\":2543,\"height\":939,\"caption\":\"Soci\u00e9t\u00e9 historique de la C\u00f4te-Nord\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.shcote-nord.org\\\/wp\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"},\"sameAs\":[\"https:\\\/\\\/www.facebook.com\\\/shcotenord\\\/\"]}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Anticosti &#8902; Soci\u00e9t\u00e9 historique de la C\u00f4te-Nord","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/?page_id=2459","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Anticosti &#8902; Soci\u00e9t\u00e9 historique de la C\u00f4te-Nord","og_description":"par William Monypeny Newsom Traduit par Catherine Pellerin Deux fois et demie la taille du Rhodes Island, est rest\u00e9e un Anticosti myst\u00e8re pour le public et un mauvais sort pour sa longue succession de propri\u00e9taires priv\u00e9s depuis que Cartier l\u2019a d\u00e9couverte en 1534. Le cours d\u2019\u00e9cole en g\u00e9ographie pr\u00e9sente une information peu originale selon laquelle &hellip; Lire la suite de Anticosti","og_url":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/?page_id=2459","og_site_name":"Soci\u00e9t\u00e9 historique de la C\u00f4te-Nord","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/shcotenord\/","article_modified_time":"2019-08-12T14:35:58+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"19 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/?page_id=2459","url":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/?page_id=2459","name":"Anticosti &#8902; Soci\u00e9t\u00e9 historique de la C\u00f4te-Nord","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/#website"},"datePublished":"2019-04-29T14:25:17+00:00","dateModified":"2019-08-12T14:35:58+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/?page_id=2459#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/?page_id=2459"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/?page_id=2459#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Publications","item":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/?page_id=69"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Revue d\u2019histoire de la C\u00f4te-Nord","item":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/?page_id=435"},{"@type":"ListItem","position":4,"name":"Anticosti"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/#website","url":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/","name":"Soci\u00e9t\u00e9 historique de la C\u00f4te-Nord","description":"Centre d&#039;archives priv\u00e9es de la SHCN","publisher":{"@id":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/#organization","name":"Soci\u00e9t\u00e9 historique de la C\u00f4te-Nord","url":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/i2.wp.com\/www.shcote-nord.org\/wp\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Sans-titre-1-copie.png?fit=2543%2C939","contentUrl":"https:\/\/i2.wp.com\/www.shcote-nord.org\/wp\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Sans-titre-1-copie.png?fit=2543%2C939","width":2543,"height":939,"caption":"Soci\u00e9t\u00e9 historique de la C\u00f4te-Nord"},"image":{"@id":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/#\/schema\/logo\/image\/"},"sameAs":["https:\/\/www.facebook.com\/shcotenord\/"]}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2459","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2459"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2459\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2460,"href":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2459\/revisions\/2460"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/435"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.shcote-nord.org\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2459"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}