À l’occasion de son 50e anniversaire de construction

Baie-Comeau, le 15 octobre 2019 – La Société historique de la Côte-Nord (SHCN) a procédé aujourd’hui à la commémoration du 50e anniversaire du pont enjambant la rivière Manicouagan, à Baie-Comeau, en présence de quelques dignitaires. Elle a profité de l’occasion pour dévoiler la nouvelle dénomination du pont, soit le Pont Émile-Laurence, du nom de son concepteur, l’ingénieur civil Émile Laurence.

Afin de trouver une appellation pour cet ouvrage d’art de conception unique constituant un symbole pour la population manicoise, la Société historique de la Côte-Nord a mandaté un comité de travail afin d’organiser un concours populaire. Quelque 34 dossiers pour un total de 28 propositions ont été soumis à un jury de trois personnes.

Deux participants au concours ont fait la proposition d’Émile-Laurence. Les arguments qu’ils ont évoqués ont convaincu le jury. Les faits que la réputation d’Émile Laurence et ses ouvrages aient dépassé les frontières du Québec et qu’aucun pont ne porte son nom ont constitué des arguments décisifs. De plus, ce choix établissait un rapport direct entre l’œuvre et son concepteur.

Marie-Josée Biron, présidente du Comité, se réjouit de cette nouvelle dénomination : « Nous sommes fiers de dire qu’aujourd’hui, l’un des fleurons de la ville de Baie-Comeau a son nom propre, et ce, spécialement le jour de son 50e anniversaire. Parmi toutes les propositions reçues, nous avons arrêté notre choix sur celui d’Émile Laurence, car nous souhaitions mettre de l’avant son apport au territoire nord-côtier. Il est important de souligner la contribution de ces hommes, venus de l’extérieur, pour permettre à Baie-Comeau de se développer et de rayonner à l’échelle internationale par des constructions d’envergure. Si nous existons, c’est aussi grâce à un visionnaire venu de Chicago et pour ne pas le nommer, le Colonel McCormick. »

Afin d’officialiser cette nouvelle dénomination, deux panneaux où il est inscrit « Pont Émile-Laurence » sont maintenant installés aux abords du boulevard Laflèche, soit un dans chaque direction. La Société historique de la Côte-Nord et le Comité sont fiers de l’aboutissement de projet, qui a nécessité un peu plus de trois ans de démarches, avec l’aval de la Ville de Baie-Comeau et la décision de la Commission de toponymie du Québec rendue le 27 septembre.

Deux tirages pour remercier les participants

Un tirage entre les deux personnes ayant fait la proposition sélectionnée a eu lieu le 11 septembre dernier, dans les locaux de la SHCN, en présence du Comité. Mme Jacky Leclerc, de Pointe-Lebel, a été couronnée heureuse gagnante d’un montant de 500 $, gracieuseté de la MRC de Manicouagan.

Par ailleurs, afin de remercier tous ceux qui ont soumis une suggestion de nom, le Comité a également procédé à un tirage parmi tous les participants au concours. Ainsi, M. Bernard Landry, qui fut la seconde personne à avoir proposé le nom d’Émile Laurence, a remporté une carte VIP du Service de la culture et des loisirs de la Ville de Baie-Comeau, utilisable parmi toutes les installations municipales et commanditée par cette dernière.

À propos du pont

Le Pont Émile-Laurence est le plus long pont en acier galvanisé au Québec. Il a été conçu en fonction de la construction de Manic-2 et de Manic-5 afin de permettre le passage de véhicules lourds plus hauts que les normes de l’époque. Il fait partie du patrimoine technologique moderne du Québec.

En effet, c’est le seul exemple de pont connu à tablier intermédiaire de type Warren à verticale double à hauteur variable, avec des cordes caténaires, en acier galvanisé au Québec. Il a suscité de l’intérêt sur la scène internationale tant chez les ingénieurs du Japon que des États-Unis. On estime qu’il constitue une sorte de tournant dans la construction des structures métalliques au Québec.

La construction du Pont Émile-Laurence, le troisième de ce pionnier des ponts en acier galvanisé, a coûté un peu plus de 1,5 millions de dollars. Il a été ouvert à la circulation le 15 octobre 1969, vers 16 h, après plus de trois ans de travaux, sans que l’événement n’ait donné lieu à une cérémonie officielle.

Un mot sur le concepteur Émile Laurence

 Joseph Jules Émile Laurence, fils d’Alfred Joseph Laurence et de Marie-Dianora Brien-Desroches, est né le 28 février 1903 à St-Jacques Le Majeur, à Montréal. Marié dès 1929 à Olive Valiquette, cet ingénieur civil a travaillé au Ministère des Travaux publics du Québec comme chef de la division des ponts métalliques entre 1963 et 1969. Entre temps, il a aussi été nommé, en 1965, chef des projets spéciaux. Sept ans plus tard, Émile Laurence quitte le Ministère et se joint à la B.B BAILEY BRIDGE & EQUIPMENT LIMITED. M. Laurence est décédé le 28 octobre 1982, à l’âge de 79 ans, treize après la mise en service du pont enjambant la rivière Manicouagan.

Le pont enjambant la rivière Manicouagan est le seul exemple de pont connu à tablier intermédiaire de type Warren à verticale double à hauteur variable, avec cordes caténaires, en acier galvanisé. Sa conception a suscité de l’intérêt sur la scène internationale et fait dorénavant partie du patrimoine technologique du Québec. En effet, sa réputation a dépassé le Québec, puisque plusieurs des ouvrages d’Émile Laurence ont fait l’objet de publications ou d’études en Europe et aux États-Unis.

L’ingénieur Émile Laurence a conçu les plans du premier pont en acier galvanisé
en Amérique du Nord, soit le pont Lizotte de Deschaillons-sur-Saint-Laurent en 1963,
de même que ceux du pont de Notre-Dame de Pontmain en 1965.

Il a aussi travaillé à la construction du pont de la rivière Betsiamites en 1955 et 1957. Son chef-d’œuvre est sans doute le pont enjambant la rivière Manicouagan, conçu en 1965. Ce dernier fut une sorte de tournant dans la conception de structures métalliques de ponts au Québec. De plus, il a non seulement permis le développement de la région de Baie-Comeau, mais aussi la réalisation de tout le développement hydroélectrique de la Manicouagan et de la Côte-Nord.

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 Informations tirées de l’étude Évaluation patrimoniale, Pont P-06910, Pont dit de « Manic 1 », Henri-Paul Thibault, Christophe-Hubert Joncas et Karl Dorais Kinkaid, Transports Québec, janvier 2015.

Source : Société historique de la Côte-Nord
               418 296-8228

 

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