Causerie avec une légende du hockey

Baie-Comeau, le 15 octobre 2018 – L’ex-hockeyeur professionnel Fernand Leblanc a accepté de partager quelques-uns de ses souvenirs du monde du hockey, où il a évolué durant plus de 18 ans, lors d’une causerie qui sera animée par l’animateur et comédien Éric Dufour le 7 novembre, à 19 h, à la bibliothèque Alice-Lane de Baie-Comeau.

Considéré à juste titre comme une véritable légende du sport préféré des Québécois, Fernand Leblanc est né dans une famille où le hockey soulevait bien des passions. Quatorzième enfant d’une fratrie de 15, il a reçu son premier équipement de hockey à l’âge de six ans. « J’étais tellement fier et content que j’ai dormi avec le plus beau cadeau de ma vie », raconte en toute modestie, le sourire aux lèvres, ce chaleureux athlète maintenant âgé de 62 ans.

Six ans après avoir étrenné ses premiers patins sur la patinoire extérieure de l’école Père-Gagné, il débute dans une équipe bantam. Deux semaines plus tard, on le fait graduer dans le midget. Pourtant, Fernand Leblanc n’a que 12 ans et, déjà, il affronte de grands gaillards de 15 et 16 ans. En 1970, il est invité au camp d’entraînement des Castors de Sherbrooke de la Ligue Junior Majeure du Québec, mais à 14 ans, il est trop jeune pour jouer dans la LJMQ. Les Castors l’envoient dans une équipe juvénile à Lac Mégantic pour une année. Puis, il se joint à la Ligue Junior B des Cantons de l’Est.

En 1972, Fernand Leblanc participe au camp d’entraînement des Castors avec l’instructeur Jean Therrien. Il perd soudainement le goût de jouer au hockey, boucle ses valises et rentre chez lui à Baie-Comeau, où il évoluera dans une ligue intermédiaire. Ses parents encouragent le jeune hockeyeur de 16 ans. Ils l’incitent même à retourner avec les Castors, ce qu’il fera lorsqu’il entendra dire du bien de leur nouvel entraîneur Ghislain Delage. En 1973, il participe à nouveau au camp d’entraînement des Castors. Ravi des changements apportés par Delage, entre autres de la création de la Hutte des Castors, où francophones et anglophones sont traités sur un pied d’égalité, Fernand Leblanc entame une brillante carrière dans le Junior avec les Castors.

Dès la première année, il marque 37 buts et 30 passes en 70 parties. Fernand Leblanc qui se démarque déjà par ses feintes spectaculaires pour déjouer les gardiens de but se fixe un objectif de 100 points en 1974. Mais c’est sans compter sur la fatalité du destin. Les Castors sont victimes d’une tragédie routière le 24 novembre 1974. Gaétan Paradis, 18 ans, est tué sur le coup lorsque l’autobus transportant l’équipe vers Chicoutimi dérape et s’abîme dans un fossé profond en bordure de la route du parc des Laurentides. Plusieurs joueurs sont blessés, dont Fernand Leblanc qui sera hospitalisé durant neuf jours. L’ex-hockeyeur n’aime pas évoquer cette page de son passé à juste raison. Il a écopé de multiples blessures et s’il n’avait pas eu le réflexe de protéger sa tête avec son bras gauche, il aurait pu subir une sévère commotion cérébrale.

Après cinq mois de convalescence, Fernand Leblanc rebondit et prouve qu’il n’est pas fini. Devenu capitaine des Castors, il s’était donné un objectif de 120 points, dont 60 buts. Il fera mieux et davantage, avec 134 points et 67 buts, car il sait qu’il en est à sa dernière saison avec le Junior. Selon le journaliste Marc Lachapelle, Fernand Leblanc « a connu une saison phénoménale à sa dernière campagne chez les juniors. Il s’est imposé comme l’un des meilleurs ailiers gauches de la ligue ».

En 1976, les Castors représentent le Canada au tournoi mondial de hockey. Ils remportent la médaille d’argent le 1er janvier 1976 en Finlande. Fernand Leblanc conduit son équipe sur la deuxième plus haute marche du podium. Il marque l’un des deux buts de sa formation en finale contre les Russes. Cette belle victoire lui vaudra d’être intronisé avec ses co-équipiers au Panthéon des sports de Sherbrooke le 19 septembre dernier.

Après les Castors, Fernand Leblanc n’a pas l’intention d’accrocher ses patins. Il rêve d’une carrière professionnelle. « Je n’ai pas le choix puisque j’ai abandonné mes études », confie-t-il à un journaliste. Il aimerait aller jouer en Suisse. Mais avant d’aller conquérir le cœur des amateurs de hockey du Jura, dans les villes de Coire, Herisau et Ajoie, en Suisse, à partir de 1980, le célèbre ailier gauche à la chevelure rousse fera carrière dans la Ligue Nationale de Hockey, avec les Red Wings de Détroit, où il marquera cinq buts et 11 points en 34 parties.

Après avoir consacré 18 ans de sa vie active au hockey, Fernand Leblanc tire sa révérence le 31 janvier 1989. Il a vécu neuf ans en Suisse, où son fils Robin est né en 1983. Là-bas, il a dû apprendre l’allemand pour se débrouiller avec les Suisses Allemands. De retour à Baie-Comeau, il se lance dans les affaires. En 1997, il reprend du service lors de la naissance du Drakkar, en acceptant le poste d’entraîneur-chef. Il occupera cette fonction jusqu’au 3 novembre 1998.

À l’été 2018, Fernand Leblanc a accepté de parrainer l’exposition Coup de patins – La passion canadienne pour le patinage présentée par la Société historique de la Côte-Nord, en compagnie de plusieurs personnalités du monde du patinage, dont Karen Sauvageau, Yvon Côté, Jos D’Astous, Yvon Gaudreault, François Leblond et Karel Vosatka. Le public est cordialement invité à participer à sa causerie.

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Source : Raphaël Hovington
418 296-8228

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