La saison froide est à nos portes et qui dit hiver, dit Carnaval. Il n’est pas ici question de celui de Québec, mais de la multitude de carnavals qui sévissaient dans toute la région. De décembre à mars, il était possible de célébrer l’hiver sous toutes ses formes : sports de glisse, patinage, hockey, sculptures sur glace et sur neige, spectacles extérieurs en tout genre. C’était le moment dans l’année pour profiter de la neige et oublier que la semaine suivante il faudrait la pelleter.

es années soixante sont particulièrement festives alors que Pointe-aux-Outardes, Aguanish (il existe encore aujourd’hui), Ragueneau, Hauterive et Sept-Îles se joignent au calendrier des carnavals d’hiver. Certains célèbrent depuis les années cinquante, comme à Baie-Comeau. En effet, déjà en 1954 on trouve des mentions de cet évènement. Il prend toutefois un tournant plus sérieux lorsque la Jeune Chambre Économique de Baie-Comeau prend en main en 1957 le programme, et ce, jusqu’en 1962.

Le format s’essouffle pendant quelques années puis revient en force dans les années 1970. À Baie-Comeau, les carnavals se multiplient, Carnaval Chasse et Pêche, du Curling, du Hockey, tout est bon pour célébrer.

 

Il conviendra de penser que le plus grand classique du Carnaval, c’est Bonhomme. Quoiqu’on puisse en penser, les bonshommes de la Côte-Nord n’avaient rien à envier à celui de la Capitale. Généralement faits à la main, ils portaient le bonnet rouge et la ceinture fléchée. Au Carnaval de Hauterive, il fut une année, où Bonhomme n’avait que de costumes que ces deux attraits, une chemise blanche et un pantalon noir, un Bonhomme en toute simplicité.

Autre grand classique des carnavals, les concours de duchesses menaient au couronnement d’une reine. Généralement, ces dames étaient commanditées par différentes entreprises, groupes sportifs et organismes. Plusieurs ont eu la chance d’être couronnées avec

leur Prince-consorts et de parader sur un char bien décoré. Voici quelques-unes des têtes couronnées de la Manicouagan, Yvonne Roussel (Baie-Comeau, 1961), Yolande Morin (Pointe-aux-Outardes, 1967), Lise Devost (Godbout, 1967), Ghislaine Bélanger (Chute-aux-Outardes, 1962).

 

On se laisse sur une citation extraite de l’édition du 11 mars 1959 (p.4) du Journal La Côte-Nord, où George Hendrix capte bien l’esprit du carnaval dans son article intitulé « Si Carnaval n’existait pas… » :

Je me suis laissé entraîner dans un grand magasin où un vaste rayon était consacré au Carnaval. Il y avait des masques et des serpentins, des loups et des mirlitons, des confettis et des petits chapeaux… J’ai eu là la révélation d’un aspect inattendu de ce prélude au Carême : si Carnaval n’existait pas, il conviendrait de l’inventer au plus tôt. La raison n’est pas comme vous pourriez le croire, qu’il faut donner, au moins une fois ans l’année, l’occasion à l’homme sérieux de se croire un peu fou. […] Des milliers de personnes travaillent pour le carnaval tandis que d’autres oublient leurs soucis pendant quelques heures. Voilà un aspect inattendu du Carnaval…

 

Photos :

C034-MN-1-18,14 = Programme du premier Carnaval de Micoua-Outardes 4, en 1966. Collection histoire régionale, SHCN.

P008-PN-1-4,08 = Bal masqué du Carnaval, M. J-A. Duchesneau et son épouse, M. Phil Leclerc et son épouse ainsi que M. R.C. Tremblay sont les juges de la compétition, vers 1960. Fonds Journal La Côte-Nord, SHCN.

C034-PN-1-18,08 = Reine Yolande 1re et son prince consort, élue en 1967 à Pointe-aux-Outardes. Collection histoire régionale, SHCN.

P083-DC-001,171 = Château des neiges à Manic-2 en 1963 construit pour le Carnaval. Fonds Cyprien Beaulieu, SHCN.

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